• « C'est un carnet de voyage au pays que nous irons tous habiter un jour. C'est un récit composé de choses vues sur la place des villages, dans la rue ou dans les cafés. C'est une enquête tissée de rencontres avec des gens connus mais aussi des inconnus. C'est surtout une drôle d'expérience vécue pendant quatre ans de recherche et d'écriture, dans ce pays qu'on ne sait comment nommer : la vieillesse, l'âge ?
    Les mots se dérobent, la manière de le qualifier aussi. Aurait-on honte dans notre société de prendre de l'âge ? Il semble que oui. On nous appelait autrefois les vieux, maintenant les seniors. Seniors pas seigneurs. Et on nous craint - nous aurions paraît-il beaucoup de pouvoir d'achat - en même temps qu'on nous invisibilise. Alors que faire ? Nous mettre aux abris ? Sûrement pas ! Mais tenter de faire comprendre aux autres que vivre dans cet étrange pays peut être source de bonheur...
    Plus de cinquante après l'ouvrage magistral de Simone de Beauvoir sur la vieillesse, je tente de comprendre et de faire éprouver ce qu'est cette chose étrange, étrange pour soi-même et pour les autres, et qui est l'essence même de notre finitude.
    « Tu as quel âge ? » Seuls les enfants osent vous poser aujourd'hui ce genre de questions, tant le sujet est devenu obscène. A contrario, j'essaie de montrer que la sensation de l'âge, l'expérience de l'âge peuvent nous conduire à une certaine intensité d'existence. Attention, ce livre n'est en aucun cas un guide pour bien vieillir, mais la description subjective de ce que veut dire vieillir, ainsi qu'un cri de colère contre ce que la société fait subir aux vieux. La vieillesse demeure un impensé. Simone de Beauvoir avait raison : c'est une question de civilisation. Continuons le combat ! ».
    L.A.

  • Désormais, deux France s'ignorent et se font face : la France des métropoles, brillante vitrine de la mondialisation heureuse, où cohabitent cadres et immigrés, et la France périphérique des petites et moyennes villes, des zones rurales éloignées des bassins d'emplois les plus dynamiques. De cette dernière, qui concentre 60 % de la population française, personne ne parle jamais. Laissée pour compte, volontiers méprisée, cette France-là est désormais associée à la précarité sociale et au vote Front national.
    Comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi a-t-on sacrifié les classes populaires sur l'autel d'une mondialisation volontiers communautariste et inégalitaire, aux antipodes des valeurs dont se réclame la classe politique ? Comment cette France populaire peut-elle changer la donne, et regagner la place qui est la sienne, la première ? Dans cet essai polémique et percutant, Christophe Guilluy dresse un diagnostic sans complaisance de notre pays, et esquisse les contours d'une contre-société à venir...

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  • «Tiens, voilà du boudin...» ; «Vous êtes un aberration de la nature.» Voilà le genre de phrase que Gabrielle, 36 ans, 140 kg pour 1,54m, entend quotidiennement sur son passage. Après vingt ans d'humiliations, elle a envisagé deux possibilités : s'armer d'un revolver ou d'un stylo. Elle a préféré s'en tenir à la seconde option.
    Gabrielle reconstruit son parcours au fil d'une double enquête. Elle retrace sans tabou son histoire personnelle. En parallèle, elle dresse un réquisitoire contre l'attitude des institutions - éducation, travail, santé - envers les personnes obèses. Pour enquêter depuis son propre corps, l'auteure débute une procédure de chirurgie bariatrique.
    Avec ce livre, Gabrielle Deydier interroge le rapport que notre société entretient au corps des femmes.

  • La question SDF

    Julien Damon

    Jusqu'où est-il légitime et efficace de catégoriser les sans-abri et les réponses données à leurs difficultés ? Les SDF sont, depuis une trentaine d'années, ciblés par des dispositifs spécialisés. Typique des phénomènes d'hybridation de l'action publique, le système de prise en charge rassemble, autour de l'Etat, les associations, les collectivités locales, les médias, et les sans-abri eux-mêmes. Le développement et l'institutionnalisation des dispositifs d'assistance, tout en retentissant sur l'architecture d'ensemble de la protection sociale, contribuent à faire des SDF de véritables " acteurs sociaux ".
    L'analyse conjointe de l'action publique ciblée et de la catégorie à laquelle elle est destinée permet une évaluation critique du " prioritarisme " (la priorité au plus défavorisé), du ciblage et du partenariat dans la mise en oeuvre des politiques publiques. Avant-propos à la présente édition : comment les migrants et le confinement de 2020 posent à nouveaux frais la " question SDF ".

  • Le « pognon de dingue » mis dans les minimas sociaux, le travail que l'on trouve dès que l'on « traverse la rue », les « centaines de milliers d'offres d'emploi vacantes »... L'actualité montre que les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté sont toujours aussi répandues à tous les niveaux de la société.
    À l'heure où le contrôle des chômeurs se renforce et où l'on veut imposer du bénévolat forcé aux allocataires du RSA, les personnes en précarité sont encore trop souvent convoquées au tribunal de l'opinion publique : « On peut gagner plus en alternant chômage et travail qu'en travaillant à plein-temps », « Il y a des chômeurs qui ne cherchent pas de travail », « On doit avant tout sa réussite à soi-même ».
    Ce livre défait la chape de plomb du fatalisme en répondant point par point à plus de 130 préjugés sur la pauvreté. Il montre que l'action pour la transition écologique et l'éradication de la misère sont un même combat.
    Fort de ses 80 000 exemplaires diffusés lors des trois premières éditions, ce livre entièrement remis à jour démontre, chiffres, documents offciels et travaux de chercheurs à l'appui, que la stigmatisation des pauvres repose non sur des faits, mais sur des discours qui masquent les véritables causes de la misère. Enrichi de questions inédites, cet antidote à la mise à l'écart des pauvres propose des idées neuves pour construire une société reposant sur l'égale dignité de chacun.

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  • L'épidémie due au coronavirus met davantage en danger les populations fragiles, dont les sans-abri. Comment confiner dans leur logement ceux qui n'en ont pas et qui, dans la rue, sont vulnérables physiquement et exposés publiquement ? Comment gérer, en période épidémique, l'exiguïté et la proximité dans des foyers d'hébergement parfois surpeuplés ? Comment faire accepter un confinement qui, en l'espèce, vaut souvent enfermement ? Si la mobilisation a été exceptionnelle, il est temps désormais de revenir sur les dilemmes de l'action publique et de tirer les leçons de cette crise inédite.

  • Des visages marqués, des parcours singuliers disant la misère, la dégradation morale, physique, la déshérence : Robert McLiam Wilson raconte la pauvreté, au début des années 1990, dans une Angleterre marquée par l'ultralibéralisme du gouvernement Thatcher. Son récit, illustré par les photographies de Donovan Wylie, abandonne toute distance journalistique au profit d'une empathie émue, pudique et profonde à l'égard des personnes rencontrées. Parfois, le lecteur devine même les ombres d'une autobiographie déguisée et une préfiguration des oeuvres à venir.

    Né en 1964 à Belfast, Robert McLiam Wilson a grandi dans un quartier ouvrier catholique de la ville avant de s'expatrier à Londres. Son premier roman, Ripley Bogle, publié en 1988, remporte plusieurs prix littéraires en Grande-Bretagne. Il est considéré comme l'un des romanciers irlandais contemporains les plus importants. Robert McLiam Wilson, membre de la prestigieuse agence Magnum, réalise également des reportages pour la télévision sur la misère sociale des sans-abri. « Lire Les Dépossédés aujourd'hui en France, sous le chant des sirènes réformistes, est une expérience curieuse : on y voit comme dans une boule de cristal ce qui pourrait nous arriver. » Libération « Des figures remarquables hantent ces pages douloureuses. » Télérama

  • Plongée dans le quotidien disloqué de huit foyers des quartiers pauvres de Milwaukee, Wisconsin, où chaque jour, des dizaines de familles sont expulsés de leurs maisons. Arleen élève ses garçons avec les 20$ qui lui restent, chaque mois, après avoir payé le loyer.
    Lamar, infirme, s'occupe des gamins du quartier en plus d'éduquer ses deux fils, et essaie de se sortir de ses dettes. Scott, infirmier radié, toxicomane, vit dans un mobile home. Tous sont tous pris dans l'engrenage de la dette, et leur sort est entre les mains de leurs propriétaires.
    Fruit de plusieurs années de terrain, ce livre magistral et captivant montre comment les politiques publiques en matière de logement et d'aide sociale et les règles sauvages du marché de l'immobilier fabriquent et entretiennent la pauvreté.

  • Les pauvres

    Georg Simmel

    Dans une introduction intitulée « Naissance d'une sociologie de la pauvreté », Serge Paugam et Franz Schultheis montrent l'intérêt de ce texte constituant « le cadre analytique pour penser en termes sociologiques la question de la pauvreté dans les sociétés modernes ». Édité pour la première fois en langue française en 1998, quatre-vingt-dix ans après sa première publication allemande, ce texte a inspiré de nombreux travaux sur la pauvreté, en particulier sur le processus de disqualification sociale mis en évidence par les travaux de Serge Paugam.

  • Rien n'est plus scandaleux : dans un monde de plus en plus riche, trente millions d'êtres humains meurent de faim chaque année. Des centaines de millions d'autres, un peu partout sur la planète, sont gravement mal nourris. Comment est-ce possible ? Pourquoi acceptons-nous une injustice aussi monstrueuse ? Comment peut-on expliquer une telle absurdité ?
    Sans dissimuler son indignation, Jean Ziegler répond ici aux questions que lui pose son fils. Ce sont celles que se posent tous les enfants du monde.



    Rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation de 2000 à 2008, aujourd'hui vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l'homme des Nations unies, Jean Ziegler est professeur émérite de sociologie à l'université de Genève. Il a récemment publié Destruction massive. Géopolitique de la faim (Seuil, 2011 ; « Points Documents », 2014).

  • Les classes populaires européennes se caractérisent aussi par la présence en leur sein d'une forte immigration : la part des travailleurs non européens y est d'environ 7 % - jusqu'à 17 % parmi les agents d'entretien - contre 2 % parmi les classes supérieures et moyennes. Cette lecture de l'immigration par les positions sociales éclaire d'un jour différent les discours des gouvernants européens sur les dangers d'une xénophobie venant du « bas » de la société : à la différence des classes supérieures, si promptes à mettre en avant la mobilité transnationale et la tolérance aux autres, les classes populaires sont dans les faits nettement plus métissées et mélangées que tous les autres groupes sociaux. En période de crise, les phénomènes de concurrence sur le marché du travail sont bien plus forts parmi les ouvriers, employés et travailleurs agricoles que pour celles et ceux qui se placent plus haut dans la hiérarchie sociale.
    Ces trente dernières années, les contours de l'Europe n'ont cessé de s'élargir, contribuant à y rendre plus visibles les inégalités. Experts et journalistes analysent ces évolutions à l'aide d'indicateurs de performance économique - productivité, taux de chômage - sans jamais s'interroger sur les conditions de travail ou les disparités selon les couches sociales. Dans un contexte où la crise économique et les réponses néolibérales incitent les peuples à se replier sur chaque espace national, il est temps de se demander ce qui rapproche et ce qui distingue les travailleurs européens. À partir de grandes enquêtes statistiques, cet ouvrage prend le parti d'une lecture en termes de classes sociales : contre la vision d'individus éclatés touchés par la crise, l'objectif est de rendre visibles les rapports de domination entre groupes sociaux. Une étape préalable nécessaire pour explorer les conditions de possibilité d'un mouvement social européen.

  • L'exclusion

    Julien Damon

    Les politiques de lutte contre la pauvreté sont devenues lutte contre l'exclusion. Derrière ce glissement sémantique, une volonté : prendre en compte non seulement la pauvreté conçue comme une absence ou une faiblesse de revenus, mais aussi l'isolement, le besoin, ou encore la ségrégation.
    Cet ouvrage explique ce que signifie raisonner et agir en termes d'exclusion. Il décrit et év alue les politiques publiques de lutte contre l'exclusion mises en place aujourd'hui, en insistant sur les SDF et sur les travailleurs pauvres. Enfin, il invite à des politiques sociales plus rationnelles.

  • Nos rêves de pauvres, c'est d'abord l'histoire de la famille Dendoune. Une histoire qui commence en 1950, quand le papa, berger kabyle, débarque seul en région parisienne le ventre vide, mais des envies de bosser plein les mains et le coeur rempli d'ambitions pour tous les siens. Une histoire qui se prolonge dans une cité HLM de l'Île-Saint-Denis, où la maman se bat pour que ses neuf enfants ne manquent de rien. Les petits Dendoune grandissent et leurs rêves aussi. Nadir, le plus jeune, rêve de trains électriques, de cours de tennis, mais aussi d'une police pour tous... Pas simple d'avoir des rêves de riches quand on a une vie de pauvre.
    Nadir Dendoune raconte ses parents, leur courage, leur amour, mais aussi leur culture.
    Cette culture de pauvres à laquelle il est si attaché.
    L'histoire du clan Dendoune, c'est une histoire universelle, une histoire française.

  • La précarité

    Patrick Cingolani

    Emploi précaire, travail précaire, les précaires : le terme « précarité » est utilisé pour décrire des phénomènes sociaux divers dans nos sociétés contemporaines.
    Temps partiels, CDD, travail intérimaire, chômage mais aussi accidents de la vie personnelle, les discontinuités subies ou voulues fragilisent les parcours, les rendent précaires, font parfois basculer dans la pauvreté.
    Au-delà de l'analyse des sens de ce mot et des réalités qu'il recouvre, cet ouvrage montre que, s'il est nécessaire d'encadrer les flexibilités demandées par le patronat, de pallier la disparition des formes traditionnelles de solidarité, il est aussi urgent de faire droit aux discontinuités voulues par certains travailleurs qui tentent d'établir une nouvelle relation à l'activité professionnelle.

  • Tout le monde entend parler du revenu de base, mais peu savent ce que s'est. Plutôt que d'écrire une énième proposition, partielle et partiale, de revenu de base, le choix d'un angle historique et pluraliste pour ce livre permet de brosser l'ensemble du tableau.
    Destiné au grand public, c'est un outil indispensable qui donne les clés de compréhension de ce débat de société majeur en identifi ant les enjeux, les problématiques et les courants. Loin de n'être qu'une histoire des doctrines, c'est un ouvrage érudit qui détaille les propositions théoriques, les débats et les expérimentations en les resituant toujours dans leurs contextes. Dans un débat très clivé, ce livre apparaît comme un recours pour objectiver, éclairer et mettre en perspective les arguments en présence.
    C'est un livre d'histoire des idées et de philosophie politique pour donner du sens à nos sociétés en crise qui bénéfi cie d'un contexte favorable :
    - la campagne présidentielle de 2017 avec le revenu universel d'existence de Benoit Hamon, - les projets d'expérimentation citoyen (monrevenudebase.
    Fr) ou politique (les 13 départements), - les projets gouvernementaux en cours de réforme des prestations sociales.
    Le revenu de base se situe à la croisée de trois enjeux centraux : le travail, la protection sociale et la citoyenneté.
    Ce livre participe du retour de la question sociale et de l'utopie concrète dans le débat public.

  • « C'est une véritable descente aux enfers que nous avons connue avec ma femme et nos trois merveilleux enfants, entre 2012 et 2019. Voici quelques chiffres qui parleront d'eux-mêmes : 700 nuitées dans des petites chambres d'hôtel ; plus de 800 jours de mendicité ; pas loin de 500 000 personnes sollicitées ! Et, sachez-le, je fais toujours la manche de manière active. Jamais assis. Je vais vers les gens, je les interpelle les yeux dans les yeux pour obtenir leur attention et leur demander de l'aide. Tout cela avec une seule et unique obsession chevillée au corps : sauver ma famille avant tout ! » Dans ce témoignage inédit, Julien Luxcey nous raconte leur sortie de route, leur vie dans une voiture, la mendicité avec un bébé dans les bras, l'errance à travers la France pour trouver un logement, le placement des enfants et, enfin, le dur chemin pour retrouver une vie normale.

  • Pôle emploi : la machine à asservir Nouv.

    COMMENT MACRON RENFORCE LE CONTRÔLE DES CHOMEURS.
    Présentée le 18 juin 2019, la réforme de l'assurancechômage qui durcit les règles d'indemnisation et renforce le contrôle des chômeurs va être appliquée coûte que coûte en juillet 2021. La France va compter un million de chômeurs supplémentaires d'ici à la fin de l'année et 840 000 personnes (38 % des allocataires) vont connaître une baisse d'indemnisation d'environ 20 %. Les demandeurs d'emploi seront davantage convoqués, suivis, fliqués, menacés, perdant leur temps dans de vaines rencontres, ultimatums, incohérences administratives, pseudo formations et autres « job dating ».
    En imposant cette réforme, Emmanuel Macron culpabilise les chômeurs et prend le risque d'une nouvelle crise politique aux conséquences bien plus graves que celle des gilets jaunes. En mars 2020, Pôle emploi a déjà recruté des vigiles pour affronter cette fronde qui s'annonce violente. Ceci est d'autant plus incroyable que Pôle Emploi ne sert à rien pour 90% des chômeurs. Ce n'est qu'une immense garderie pour asservir les chômeurs et leurs faire accepter leur inutilité et des salaires de misère.

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  • La « précarité » est une entrée privilégiée pour rendre compte du monde contemporain. Cette notion cristallise l'angoisse sociale bien au-delà des terres traditionnelles de la pauvreté et de l'instabilité.
    D'où l'intérêt de ce livre, synthèse des travaux sociologiques sur le sujet : il rend compte des réalités de la précarité, présente les interprétations, et invite au renouvellement de la réflexion, en s'appuyant notamment sur le concept de « lien social ».
    Ce faisant, il aide à affronter la question fondamentale : les incertitudes et l'instabilité sont-elles des traits constitutifs des sociétés individualistes d'aujourd'hui ? Ou ne sont-elles que la traduction d'une crise générale du travail, de la famille et des institutions ?

  • Iggy Pop fait des inventaires dans les supermarchés ; Sean Connery est en formation à l'AFPA ; Pascal Moustache a rendez-vous avec Mme Bâtard, sa conseillère Pôle Emploi ; Adolf, fan de Picasso, ramasse des poubelles...

    Autant d'histoires folles, toutes véridiques, qui ont émaillé le quotidien d'un travailleur précaire, racontées avec un sens de l'humour et de la mise en scène décapants.

  • « Alors, Padre, vous vous occupez des prostituées ? C'est formidable !
    - Oui, en fait ce sont des transgenres.
    - Ah... » Lorsqu'on demande au père Jean-Philippe de témoigner de sa mission à l'association Magdalena, un silence gêné s'installe en général assez rapidement. Comment, en tant que prêtre, assumer un accompagnement humain et spirituel aussi délicat que celui des personnes prostituées transgenres ? Ce monde peut sembler étranger, et même effrayant, à bien des gens. Des années après le début de l'aventure, l'initiateur dévoué de cette mission unique en son genre demeure lui-même surpris que la vie l'ait mené là.
    Du premier camping-car du bois de Boulogne à la maison d'accueil Magdalena, en passant par les pèlerinages à Lourdes, le père Jean-Philippe nous fait découvrir les réalités de l'accompagnement des personnes prostituées. Il nous invite ainsi à entrer avec lui dans un accueil de l'autre qui renonce à l'efficacité et consent à la seule présence. Au fil de leurs témoignages, les personnes prostituées nous entraînent dans la simplicité de leur foi et de leur quête spirituelle.
    Loin de nous faire perdre notre latin, elles nous poussent à quitter nos zones de confort et nos cadres inutiles pour adopter un regard d'amour dénué de jugement : celui du Christ sur chacun de nous. Un véritable chemin de conversion qui nous fera peut-être affirmer avec l'auteur : « Les plus pauvres se sont occupés de moi. »

  • Mode d'emploi, témoignages et conseils pour démystifier et faciliter la relation de proximité avec les sans-abri qui vivent autour de nous

  • Depuis sa publication, ce livre, vendu à plusieurs cen- taines de milliers d'exemplaires, est devenu selon certains commentateurs la « bible d'un nouveau mouvement social », dirigé contre l'incarcération en masse des Noirs et des La- tinos aux États-Unis.
    Prenant le contre-pied de ceux qui voyaient en l'élec- tion d'Obama le début d'une ère postraciale, Michelle Alexander expose dans ce livre la façon dont la « guerre contre la drogue » lancée au tournant des années 1970-1980 a inauguré l'instauration d'un nouveau régime de domina- tion raciale.
    Revenant sur la fin de l'esclavage et la naissance des prisons et du système de ségrégation légal connu sous le nom de « Jim Crow », Michelle Alexander étudie toutes les mues de la domination raciale aux États-Unis.
    Suite au mouvement des droits civiques qui est venu menacer « Jim Crow » et la suprématie blanche, c'est l'in- carcération en masse des communautés noires et latinos qui va être le modèle choisi pour maintenir la domination raciale.
    Étudiant les effets destructeurs du fonctionnement du système judiciaire et carcéral qui sont responsables de l'enfermement d'un nombre toujours croissant de non- Blancs, Michelle Alexander n'oublie pas les résistances que ce nouvel apartheid carcéral suscite.

  • Paru en 1923, Le Hobo de Nels Anderson est l'une des plus célèbres enquêtes d'ethnologie urbaine qui firent la réputation de l'École de Chicago dans l'entre-deux-guerres.  Ouvriers migrants qui se déplaçaient de Chicago vers l'Ouest pour suivre les chantiers, les hobos représentent au tournant du XXe siècle toute une époque de la classe ouvrière américaine.  Anderson, lui-même hobo, livre une description précise, vivante et sans misérabilisme de cette vie de débrouille. La figure culte de ce vagabond libre a nourri l'imaginaire américain à travers les textes de Kerouac et de London, la chanson folk et ce qui s'apparente à la sous-culture libertaire.
     

  • De 1854 à 1953, cent mille hommes partent pour les bagnes coloniaux de Guyane et de Nouvelle Calédonie. Le témoignage découvert en 2013 de Léon Collin, médecin militaire aux bagnes entre 1907 et 1914, vient briser les innombrables stéréotypes et autres images d'Epinal. Il ne quittait jamais son appareil photographique, relevait tout ce qu'il voyait et tout ce qu'il ressentait. Et, parmi ces réprouvés sociaux venus s'échouer à jamais audelà des océans à des milliers de kilomètres de la métropole, le médecin militaire faisait ressortir du néant l'existence de huit hommes punis. Ils ont tous défrayé la chronique judiciaire d'une époque qui ne fut pas si « belle » que cela. Ces réprouvés sociaux ont tous payé le prix fort et expié leur crime : Ullmo le traître, Law l'anarchiste, Manda l'apache, Brière l'infanticide, Goold l'assassin, Lespes et Sanary les poètes, Bérézowsky le régicide... C'est leur histoire que nous retraçons ici.

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