Peter Lang

  • Cet ouvrage se concentre sur les scènes d'exposition des tragédies de Corneille et de Racine. Forte du constat que l'exposition n'a jamais fait l'objet d'une étude particulière, l'auteure comble cette lacune en appliquant des outils de linguistique textuelle et pragmatique à ce moment si particulier d'une pièce de théâtre. L'utilisation exhaustive du corpus tragique racinien et cornélien, qui permettra de redécouvrir des textes parfois oubliés, et l'analyse très détaillée de chaque scène d'exposition donnent à ce travail une ampleur et une rigueur tout à fait nouvelles à l'étude de l'exposition. Les conclusions de l'auteure remettent d'ailleurs en question de façon surprenante une approche souvent trop simpliste des analyses dramaturgiques traditionnelles et apportent un éclairage novateur au génie des deux auteurs classiques qui font l'objet de cet ouvrage.

  • Domaine partagé entre arts de la scène et arts visuels, l'étude des interactions entre musique et geste est encore peu visitée par la recherche interdisciplinaire. S'adressant à des musicologues, des historiens de l'art, du théâtre et de la danse, le présent ouvrage invite à l'exploration des diverses facettes du jeu scénique, tel que pratiqué sur une période allant de la tragédie lyrique sous le règne de Louis XIV à l'avènement du mélodrame théâtral et à l'essor du Grand Opéra au cours des premières décennies suivant la Révolution. Les treize études de ce volume portent sur l'émergence de nouvelles pratiques dramaturgiques dans le domaine de la danse et du geste au cours des XVIIe et XVIIIe siècles. Sont également mises à jour les influences réciproques entretenues dans la France de l'Ancien Régime avec d'autres courants artistiques, tels que le ballet en action viennois ou les traditions théâtrales foraines héritées de la commedia dell'arte. Le volume est agrémenté de nombreux exemples musicaux, facsimilés et documents iconographiques, et offre en annexe le texte complet de deux pièces inédites, L'Acte Pantomime ou la Comédie sans paroles (1732) et Le Réveil des Vaudevilles (1749).

  • Cet ouvrage propose une analyse originale sur les relations cinématographiques entre Cuba et le Mexique à la période classique, à travers la construction de l'imaginaire particulier du mélodrame de cabaret, peuplé de danseuses de rumba au sang chaud et au coeur tendre. Les films dont elles sont les héroïnes sulfureuses s'enracinent dans les traditions génériques de l'industrie du cinéma mexicain, retravaillées par l'apport cubain à travers la musique, la danse, les paysages et les cabarets. Ils façonnent des personnages féminins originaux, introduisant des représentations inédites de danseuses et de femmes fatales qui luttent pour leur autonomie, et jouissent d'une grande liberté dans leur rapport avec leur corps. Cette coopération cinématographique s'explique par la volonté des producteurs, distributeurs et metteurs en scène mexicains de s'imposer sur les écrans cubains, tandis que les Cubains espèrent bénéficier de leur savoir-faire technique et artistique pour jeter les bases d'un cinéma national encore embryonnaire. Toutefois, l'atmosphère « tropicale » mise en oeuvre dans les films s'avère un trompe-l'oeil commercial lié au regard mexicain qui exotise Cuba. Un postulat dénoncé par les critiques et cinéastes cubains, en particulier au lendemain de la Révolution qui souhaite rompre radicalement avec ce cinéma commercial. La réception et l'historiographie de ces films en font ainsi de puissants révélateurs des imaginaires nationaux qu'ils contribuent à façonner et à véhiculer.

  • Le présent ouvrage ne prétend pas proposer une histoire de l'édition de musique de 1550 à nos jours. Il consiste en une collection d'études explorant un versant foisonnant de l'histoire de la musique, l'édition musicale, depuis les premiers imprimés et l'insertion de portées dans les périodiques anciens jusqu'à la restitution critique des musiques du passé. Les approches retenues portent sur l'objet lui-même et ses techniques autant que sur des critères purement musicaux ; sur les relations entre l'activité des éditeurs avec le concert et la scène ; ou encore sur les questions de choix de sources et les partis pris de restitution dans le domaine de l'édition musicologique contemporaine. Il est aussi un recueil de textes conçus en hommage à Jean Gribenski, dont l'enseignement à la Sorbonne, puis à l'Université de Poitiers, a reposé sur une méthode historique accordant au document une attention méticuleuse. Chaque texte s'appuie donc, comme l'enseignement du maître, sur un document dont l'analyse vise à éclairer des pratiques artistiques, sociales, commerciales ou scientifiques. Conçus par des collègues et d'anciens étudiants, il profite des avancées spectaculaires de la recherche dans le domaine de l'histoire de l'édition musicale française au cours des quarante dernières années.

  • Ce volume présente les contributions des cinquièmes Rencontres Internationales organisées à Lausanne par la Fondation harmoniques en septembre 2010. Il offre un regard panoramique et des études à plusieurs voix sur la variété des écoles de facture de piano et des styles pianistiques à l'époque de Chopin. C'est la conjonction de l'observation scientifique, de la connaissance des sources historiques et de la pratique artisanale qui constitue l'intérêt principal de ces communications. This volume comprises the proceedings of the fifth International Congress which was organised by the harmoniques foundation and held in Lausanne during September 2010. Through the juxtaposition of scientific observation, historical research and practical instrument-making in the assembled essays, an impressive diversity of piano making and playing encountered in Chopin's time unfolds.

  • Les relations entre le théâtre français et le théâtre italien sont, depuis la dernière guerre, nombreuses et fécondes, à la mesure de tous ceux qui les ont cultivées. Qu'il s'agisse des metteurs en scène, des comédiens et scénographes, des traducteurs et des passeurs, des compagnies et des institutions. L'ensemble constitue un vaste objet d'étude qui couvre tout le champ de la création théâtrale, d'autant plus passionnant qu'il s'inscrit dans un cadre interculturel voire européen. Certaines de ces médiations sont connues, d'autres ne le sont pas assez : chercheurs reconnus et gens de théâtre prestigieux s'attachent ici à débattre et à confronter leurs expériences sur la pratique théâtrale contemporaine et sa réception des deux côtés des Alpes.

  • Cet ouvrage porte sur le cas concret de Maurice Maeterlinck comme auteur adapté à l'époque du cinéma muet. Inspiré de la théorie de Pierre Bourdieu, il propose de renouveler la problématique de l'adaptation cinématographique en prenant pour point de départ l'auteur agissant dans plusieurs champs et étant agi par ceux-ci. Dans les années dix et vingt, Maeterlinck occupe des positions contrastées : consacré en littérature, peu ou pas reconnu au cinéma. Cet écart suscite un triple questionnement, sur l'entrée de l'auteur dans le champ cinématographique, sur les stratégies qu'il transpose d'un domaine à l'autre, enfin sur l'ajustement des stratégies aux états successifs du cinéma. Centré sur le contexte de production des oeuvres, l'ouvrage ne néglige pas leur dimension esthétique. Il met en évidence des sources premières rarement sollicitées : les films Monna Vanna (Ambrosio, 1914-1916), Pelléas et Mélisande (Éclair, 1915) et The Blue Bird (Paramount, 1918). L'analyse esthétique révèle la manière dont le cinéma reprend des éléments théâtraux et se les réapproprie, ou encore dans quelle mesure les oeuvres adaptées oscillent entre les différents pôles de production et se stabilisent dans la zone de grande production de qualité.

  • Les chansons populaires, les hymnes politiques, les chants traditionnels, les compositions savantes ou les morceaux produits au sein de la culture de masse ont en commun d'exprimer, du xixe siècle à nos jours, les combats ou les rêves des Espagnols ; ils témoignent également, dans leurs avatars successifs, des sentiments identitaires en évolution et des crises traversées. Les contributeurs de ce livre s'interrogent sur la chanson comme forme musicale autonome associant un texte à une mélodie et générant une pluralité d'expériences de partage et d'écoute, dans une perspective d'histoire culturelle qui s'attache à examiner les interactions de l'individuel et de l'émotionnel, du sensoriel, du collectif et du politique. Les notions de « variation » et d'« appropriation » permettent d'éclairer cette nature mouvante en soi de la chanson, dans laquelle surgissent parfois les échos du passé, ou les traces d'autres « performances ». Interprétée, adaptée, traduite, parodiée ou tout simplement incarnée dans des voix et des corps différents, elle se caractérise par cette aptitude à se laisser transformer en profondeur au fil des époques, des crises et des variations de goûts.Les articulations thématiques de cet ouvrage la présentent successivement, à travers quelques cas d'étude, dans sa construction comme spectacle et expérience sensorielle et intellectuelle, comme investissement collectif, comme outil mémoriel ou témoin des rapports aux modernités successives et, enfin, comme un enjeu technique, en vue de sa reproductibilité, qui s'accompagne toujours d'évolutions esthétiques, mais aussi économiques. Forme mouvante en soi, nourrie de voix individuelles et collectives, la chanson est l'expression ultime de la culture comme circulation et bouillonnement infatigables.

  • Brillant théologien et diplomate de l'Université de Salamanque, Jean de Ségovie verra sa vie transformée lorsque, en 1431, ses supérieurs l'envoient à Bâle pour assister au Concile. Son combat en faveur de l'idée conciliariste est bien connu des historiens, au point de laisser dans l'ombre son ardente défense de l'Immaculée Conception. On lui doit en effet la formulation conciliaire du dogme, mais aussi la composition d'un office liturgique du plus haut intérêt pour l'histoire du plain-chant. Au point de vue musical d'abord, puisque l'auteur (Jean de Ségovie lui-même?) se sert de toutes les possibilités offertes par le développement de la théorie modale à des fins expressives, mais aussi au point de vue littéraire, puisqu'on y voit admirablement résumée toute la somme d'érudition que le théologien espagnol avait réunie pour prouver que la Conception de Marie avait été immune du péché originel. Une petite oeuvre, certes, parmi les grands traités de Jean de Ségovie, mais certainement aussi celle qu'il a le plus aimée.

  • Jean-francois le sueur

    Jean Mongredien

    Si l'on connaît aujourd'hui encore le nom du compositeur Jean-Fran- çois le Sueur (1760-1837), c'est essentiellement parce qu'il fut le maître d'Hector Berlioz. Le Sueur fut cependant en son temps l'une des figures de proue de la musique française puisqu'il fut même, sous l'Empire, le compositeur officiel de Napoléon 1er. Son oeuvre, qui n'avait jamais encore été l'objet d'une étude de synthèse, méritait d'être tirée de l'oubli. Le Sueur occupe en effet une place importante dans l'histoire de la musique, puisqu'il constitue le maillon de la chaîne qui va de Gluck à Berlioz. A partir de très nombreuses sources inédites, l'auteur étudie essentiellement dans cet ouvrage les théories esthétiques du compositeur, qui fut un novateur en matière de musique religieuse, puis sa musique révolutionnaire et enfin chacun de ses opéras qui se trouve replacé dans son contexte historique et social.

  • Kenji mizoguchi

    Daniel Serceau

    Kenji Mizoguchi est incontestablement l'un des trois ou quatre plus grands créateurs du cinéma mondial. A l'heure où l'écriture cinématographique, contaminée, peut-être, par les téléfilms, est le plus souvent paresseuse, son art paraît plus que jamais exemplaire.Cet ouvrage en étudie les méthodes de travail (passage du scénario au découpage, direction d'acteurs, conception plastique, technique du plan séquence,...) pour déboucher sur une caractérisation de son style.Outre quelques repères biographiques indispensables, il replace l'ensemble de l'oeuvre de Mizoguchi dans son contexte culturel (influence du théâtre japonais) et comporte une filmographie complète, avec résumés des scénarios (y compris des films inédits en France) et notes critiques.

  • « Ce livre est le fruit d'un projet ambitieux visant à replacer l'émergence du portrait européen dans le contexte large d'une évolution où parmi d'autres facteurs les rites funéraires et les masques mortuaires jouent un rôle déterminant. « L'archéologie de la ressemblance » est ainsi la formule que l'auteur propose pour renouveler notre connaissance des débuts du portrait au XIIIe siècle, c'est-à-dire bien avant l'apogée du portrait individuel à la Renaissance. Par une transgression audacieuse des frontières du champ disciplinaire, l'enquête jette un éclairage inattendu sur l'environnement culturel qui favorisa l'apparition de ce genre visuel si caractéristique du continent européen. Le recours à la méthode étymologique enrichit tout particulièrement l'investigation en éclairant d'un jour nouveau les causes profondes de cette représentation figurée. Sur un sujet où tout déjà semblait avoir été dit, un arrière-plan aux multiples facettes se trouve ici mis au jour, qui d'une manière exemplaire révèle la complexité des facteurs intervenant dans l'histoire de la représentation figurée. » (Hans Belting)

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