Pu De Lyon

  • Le noir, société et symbolique, 1815-1995 : mémoire de recherche d'un apprenti historien Nouv.

    Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie assassiné le 16 octobre 2020 pour avoir proposé à ses élèves d'étudier des caricatures du prophète Mahomet, fut étudiant à l'université Lumière Lyon 2 et à l'université Jean Moulin Lyon 3. En 1995, dans le cadre de sa maîtrise, il soutenait un mémoire de recherche consacré à l'usage et à la symbolique de la couleur noire dans la société française de 1815 à 1995, s'appuyant principalement sur des sources littéraires et picturales.
    À l'initiative de Christophe Capuano, les Presses universitaires de Lyon ont décidé de publier ce texte afin de faire entendre la voix d'un apprenti historien doté d'une forte culture littéraire, d'une réflexion à la fois fine et audacieuse, enfin d'une grande sensibilité aux images. Ce texte présente également l'intérêt d'apporter un témoignage sur la manière dont l'université formait les futurs historiens et enseignants en histoire il y a 25 ans.

  • Islam et école en France : une enquête de terrain Nouv.

    Depuis une trentaine d'années, les revendications identitaires et religieuses liées à l'islam frappent aux portes de l'école. Comment en est-on arrivé là ? Comment est-on passé d'une mobilisation civique à l'époque des Marches pour l'égalité et contre le racisme (1983-1984) à une mise en visibilité de l'islam (à partir des années 1990), telle que l'école est perçue aujourd'hui par certains comme assiégée ? Cet ouvrage tente de comprendre les raisons et les enjeux de cette évolution en croisant enquêtes théorique et empirique.
    Sur le plan théorique, il s'appuie sur le concept de reconnaissance tel que défini par la philosophie sociale du chercheur allemand Axel Honneth : une dynamique qui vise l'émancipation individuelle au sein d'une communauté de réciprocité.
    Sur le plan empirique, l'enquête se fonde sur des entretiens réalisés dans une ville de la banlieue lyonnaise, Vénissieux. Sont interrogées sur leur rapport à l'école des familles françaises de culture musulmane issues de l'immigration algérienne, ainsi que des enseignants et des chefs d'établissement qui décrivent comment eux perçoivent ces familles et leurs enfants. Ici, pour une fois, la parole est donnée aux premiers concernés.
    Ce croisement fructueux entre approche théorique et enquête de terrain met en lumière les « ratés » de l'intégration touchant les générations issues de l'immigration musulmane et les interrogations qu'ils suscitent sur les concepts d'identité, d'universalité, de laïcité au sein de ces populations. Au terme de l'ouvrage, il apparaît que la compréhension de ces questionnements est une exigence politique qui engage l'avenir.

  • Thomas Müntzer (1490-1525) : christianisme et révolution ; écrits théologiques et politiques Nouv.

    Né vers 1490 dans ce qui n'était pas encore l'Allemagne, Thomas Müntzer émerge de la masse des partisans de Luther au printemps 1520, quand il est nommé prédicateur à Zwickau. En conflit avec la municipalité, il quitte la ville un an plus tard. Durant les cinq années qui suivent, la situation se reproduit : ses prédications comme ses textes, articulant théologie et politique, prônent l'usage de l'allemand dans les lieux de culte tout en s'insurgeant contre l'ordre établi, ce qui n'est pas du goût des puissants. Müntzer parcourt l'Allemagne du Sud-Ouest au moment où s'y développent les premiers signes de ce que l'on nommera plus tard la « guerre des Paysans », soulèvement de nature à la fois religieuse et sociale. Rentré en Thuringe en février 1525, il devient l'un des chefs de la rébellion dans cette région. Fait prisonnier le 15 mai 1525 à la bataille de Frankenhausen, qui marque la fin des révoltes paysannes, il subit la question et sera exécuté une quinzaine de jours plus tard.
    Son oeuvre, aussi brève et dense que sa vie, vise la fin de l'oppression culturelle entretenue par les clercs, la fin de l'oppression politique instituée par les princes, la fin de l'exploitation économique dont profitent les seigneurs. Cette oeuvre, quantitativement fort réduite par rapport à celle d'un Luther, est immense si l'on songe à son retentissement au xvie siècle et au cours des siècles suivants. Les sept textes fondateurs et les cinquante lettres rassemblés dans ce volume en démontrent l'actualité.

  • Que signifie « échouer » ou « réussir » à l'école primaire ? Comment comprendre les difficultés éprouvées par des élèves d'origine populaire en lecture-écriture, grammaire, conjugaison, orthographe, vocabulaire, expression orale et expression écrite ? Comment se construisent, jour après jour, les processus de production des inégalités scolaires dans les salles de classe ? Ce livre tente de répondre à ces questions, en procédant à l'étude détaillée des pratiques et des productions scolaires d'élèves du CP au CM2 en français. Soulignant le rôle central du rapport au langage dans la production des différences scolaires, l'auteur fonde son analyse sur une sociologie de l'éducation informée des travaux anthropologiques et historiques concernant la spécificité des cultures écrites. Il entend ainsi rendre raison de l'« échec scolaire » du double point de vue d'une anthropologie de la connaissance et d'une anthropologie du pouvoir. Cet ouvrage est issu de l'enquête menée par Bernard Lahire pour sa thèse de doctorat, soutenue en 1990. Trente ans plus tard, les réflexions et analyses qu'il propose n'ont rien perdu de leur actualité. Dans une préface écrite à l'occasion de cette réédition, il souligne le poids de sa propre trajectoire sociale - son statut de transfuge de classe issu d'un milieu populaire - sur le choix de son objet d'étude.

  • En 2008, une enquête sociologique révélait qu'en France, un tiers des hommes et un quart des femmes avaient déjà trompé leur conjoint.e.
    Les amours clandestines constituent ainsi le quotidien de millions de personnes.
    Dans une enquête initiale (Amours clandestines. Sociologie de l'extraconjugalité durable, 2016), Marie-Carmen Garcia recueillait la parole de ces hommes et de ces femmes adultères et faisait de l'infidélité conjugale un objet sociologique.
    Dans cette « nouvelle enquête », elle se penche sur des thèmes renouvelés comme la naissance d'un enfant, la famille, l'argent... et adopte une approche délibérément féministe pour comprendre les formes de domination en action dans les couples illégitimes.

  • L'anthropologie a mis au jour que tous les êtres humains n'ont pas la même compréhension du monde ni de ce que signifie être au monde ; parmi ces ontologies, aucune ne surclasse les autres. Existe-t-il alors un point de vue neutre à partir duquel les étudier et les comparer ? Dans ces manières d'être et de «composer des mondes», quelle est la part du processus ? Quelle est la part de l'inscription de l'homme dans l'enchevêtrement des existences et celle de l'observateur dans son objet ? Telles étaient les questions posées dans le cadre du festival «Mode d'emploi» organisé par la Villa Gillet en novembre 2013, lors du débat de Philippe Descola et Tim Ingold, animé par Michel Lussault.
    /> Le livre conçu aujourd'hui à partir de ce débat propose une ouverture par Michel Lussault, un dialogue réagencé et révisé où alternent les voix de Philippe Descola et de Tim Ingold, enfin un post-scriptum de la main de chacun des deux intervenants.

  • Recrutés massivement depuis les années 1960 dans les usines Citroën et Talbot, les travailleurs immigrés, ces « OS à vie », y sont fortement encadrés par des syndicats à la solde des directions et par des organismes émanant de leurs pays d'origine. Or, au printemps 1982, alors que la gauche est au pouvoir depuis peu, ces ouvriers jusqu'alors discrets se mobilisent et s'emparent des répertoires d'action et des mots d'ordre des luttes ouvrières. Face aux conditions de travail déplorables, aux bas salaires, aux menaces de licenciements collectifs, au racisme latent, aux transformations du travail et aux politiques d'immigration, ils réclament ce qui leur est dû : le respect, la liberté, la dignité.
    Au croisement de l'histoire et de la sociologie, Vincent Gay analyse minutieusement les relations sociales à l'intérieur et à l'extérieur des usines, la place de la politique dans les débats, les pratiques des ouvriers immigrés, leur appropriation du syndicalisme et de la grève. Dans un contexte de crise et de restructurations industrielles, c'est un moment charnière de la contestation sociale, ouvrière et immigrée qui resurgit.

  • Invisibles, niées ou condamnées, les amours clandestines durables n'en sont pas moins bien présentes dans la vie sociale. Elles sont le quotidien de nombreux hommes et femmes en couple hétérosexuel ; elles occupent des esprits, des coeurs, des agendas et des hôtels. Ce livre invite à explorer ces « jardins secrets » à partir de l'analyse d'une trentaine de récits de vie et d'un corpus de témoignages recueillis sur Internet, traités sous l'angle de la sociologie du genre et des socialisations.
    L'auteure montre que l'extraconjugalité durable se caractérise par la transgression de deux normes fondamentales du couple contemporain :
    La norme de véracité et l'égalité des sexes. Elle propose enfin des clefs pour la compréhension de ces liaisons, à la fois fascinantes et dérangeantes, et plus largement de l'amour et de la sexualité des couples hétérosexuels.

  • Omniprésent dans les médias et le champ politique, mais aussi dans le langage ordinaire, le terme "bobo" n'est pas neutre. Son usage et ses variantes ("boboïsation", "boboïsé") tendent à simplifier, et donc aussi à masquer, l'hétérogénéité des populations et la complexité des processus affectant les espaces urbains qu'ils prétendent décrire. En réduisant les " bobos " à des caricatures, on juge des caractères, des intentions et des volontés, en oubliant que les représentations et les pratiques des individus et des groupes sociaux prennent place dans des trajectoires singulières et un monde hiérarchisé.
    Ainsi, scientifiquement parlant, "les bobos n'existent pas", et les notions de "boboïsation" ou de "boboïsé" ne conviennent pas pour saisir et caractériser la diversité des logiques et des mécanismes, voire, parfois, les contradictions à l'oeuvre dans les phénomènes de "gentrification", marqués par le " retour en ville " des catégories moyennes et supérieures, l'effacement des plus pauvres et le renouvellement des activités et des paysages urbains.
    C'est ce que montre cet ouvrage, qui propose un regard historique et sociologique sur le mot "bobo" et ses usages, dans les univers médiatiques, politiques et culturels, comme dans les discours des populations impliquées.

  • Que faire des enfants de l'immigration coloniale et postcoloniale ? L'école doit-elle adapter ses programmes à leur présence ? La question de l'articulation entre l'universalisme républicain et la pluralité culturelle a toujours travaillé l'institution scolaire, mais elle s'est reconfigurée ces quarante dernières années pour répondre aux débats sur l'immigration et la mémoire coloniale. Que faire des héritages d'une histoire douloureuse pour les uns, glorieuse pour les autres, méconnue de beaucoup ? A partir des archives de l'Education nationale, mais aussi des textes officiels et des manuels scolaires, Laurence De Cock retrace les débats qui ont agité l'enseignement de l'histoire de la colonisation depuis les années 1980.
    En analysant la confection des programmes d'histoire, elle interroge l'influence des débats publics sur leur écriture et montre combien le passé colonial, progressivement saisi par le politique, bouscule en profondeur la fabrique scolaire de l'histoire. Pour un enseignement qui a toujours eu comme finalité de contribuer à l'intégration sociale, les nouvelles demandes de reconnaissance des enfants et petits-enfants d'immigrés sont un facteur de reconfiguration de la discipline historique et des finalités de l'école républicaine.

  • Avec une préface de Michel Wieviorka, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales. Dès les années 1960, les mobilisations homosexuelles ont acquis une visibilité considérable, au point que l'une de leurs principales revendications, l'ouverture du mariage aux couples de même sexe, a enfin été satisfaite dans plusieurs pays. Ce qui ne signifie pas pour autant la pleine reconnaissance des droits des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres.
    Mais qu'en est-il aujourd'hui du coeur des revendications initiales - la sexualité - dans le mouvement LGBT ? Aux Etats-Unis, depuis les années 1990, la reconnaissance politique des questions portées par les militant.e.s s'est traduite par une professionnalisation du mouvement et non par une mobilisation plus forte de la base. Et l'institutionnalisation de la militance LGBT a coïncidé avec la disparition de la revendication sexuelle.
    L'étude des dynamiques de mobilisation et de démobilisation proposée ici montre que la place plus ou moins importante de la sexualité dans les objectifs et les formes d'action joue un rôle déterminant dans l'implication des acteurs sociaux.

  • Présentateur et traducteur à la fin des années 1970, avec Isaac Joseph, de plusieurs textes majeurs de l'École de Chicago, auteur au début des années 1990 d'un manuel de sociologie urbaine qui aujourd'hui encore constitue une référence, mais aussi infatigable chercheur, à l'origine de très nombreux travaux et écrits de premier plan sur les processus de ségrégation, les logiques de peuplement, les manières d'habiter ou encore les sociabilités urbaines, Yves Grafmeyer est une figure marquante de la sociologie urbaine française des quarante dernières années. Sociologue de la vie urbaine, plus que sociologue de la ville (ou de l'urbain), il est aussi plus large- ment et avant tout un grand sociologue, qui a joué un rôle très important dans la promotion de la discipline en France, dans la structuration et l'animation de la recherche en sciences sociales et dans la formation de plusieurs générations de chercheurs.
    Ce livre qui lui est consacré présente, sous la forme d'entretiens, son parcours, ses travaux et les notions-clés de son oeuvre sociologique, ainsi qu'une sélection de textes particulièrement significatifs de sa production. Il intéressera à la fois les chercheurs et étudiants en sociologie, et plus généralement tous les curieux des questions urbaines.

  • Peut-on se taire quand il y a urgence ? la réponse à cette question est certes morale ou politique.
    Mais, dans la conférence qu'il a prononcée à lyon le 11 février 1999 et qui constitue l'essentiel de cet ouvrage, pierre bourdieu y répond avant tout en sociologue. centrés sur " le champ politique ", ses propos disent tour à tour ce que signifie cette notion et ce qu'elle permet de penser, les conditions de la domination politique et ce qui fait le silence de beaucoup, mais aussi ce que pourrait faire la force critique de la science.

    Les travaux de recherche qui ont fondé sociologiquement cette réponse sont évoqués par philippe fritsch dans une introduction où il montre leurs développements successifs et en interroge la problématique, à la fois dans sa continuité et dans sa diversité. ils le sont encore dans la transcription de l'entretien que, ce même jour, pierre bourdieu avait accordé sur la question des rapports entre les sciences sociales et la politique.
    Ils le sont enfin directement par quatre textes inédits qui expriment la constance d'une préoccupation et la variété de son énonciation.

  • Contre l'image trompeuse d'un Mai 68 strictement parisien et estudiantin, il est important de rappeler, cinquante ans après l'événement, qu'il a affecté la France entière. Manifestations étudiantes, occupation des universités, grève généralisée dans les entreprises et les services publics, échanges de pavés et de gaz lacrymogène sur les barricades... mais aussi mobilisation anticipatrice de la Rhodiacéta ou décès du commissaire Lacroix : le Mai lyonnais n'est pas que la simple reproduction de celui de la capitale, puisque c'est dans le Rhône que se sont déroulés certains des épisodes décisifs de la crise.
    Etudier les années 68 à Lyon, c'est aussi replacer Mai 68 dans une séquence historique plus large, amorcée par l'explosion des effectifs universitaires et poursuivie par une floraison de mobilisations aussi diverses que déterminées. Placées au coeur de l'ouvrage, celles des groupes d'extrême gauche, du mouvement féministe et des syndicats de salariés révèlent comment les enjeux des conflits, les manières de militer mais aussi les motivations et les conséquences personnelles de l'engagement ont été profondément redéfinis au cours d'une décennie de luttes.
    A l'opposé de sa réputation de cité frileuse et pondérée, Lyon se révèle comme un extraordinaire terrain de radicalité sociale et politiqu

  • Souvent évoqués dans les médias, la vie des gays et les enjeux de la visibilité comme de la réalité au quotidien des couples de même sexe méritaient une étude scientifique sérieuse.
    C'est chose faite avec le travail de Jérôme Courduriès qui ouvre une voie prometteuse. Si l'auteur n'enquête que sur les couples masculins et s'en tient à un échantillonnage limité (il s'agit d'un éventail des possibles, à travers la diversité des situations et des personnes), la méthode qu'il a su mettre en place pour atteindre l'intime, si délicat à dévoiler, le recours aux réseaux de chat sur Internet et l'usage du courriel qui renouvelle le rapport enquêteur-enquêté en usage en ethnographie, font de cette recherche un moment fort pour l'étude des conjugalités quelle que soit la composition sexuée des couples.

  • Où décide-t-on d'habiter ? Comment s'opère le choix du logement du quartier, du statut d'occupation ? A ces questions de base répondent ici des chercheurs de différentes disciplines (sociologie, géographie, économie, démographie...), travaillant dans des contextes nationaux divers.
    Les réponses apportées, tout en soulignant le poids fort des contraintes (économiques, sociales, contextuelles...), montrent l'existence d'options mouvantes incertaines, justifiant une analyse approfondie.

  • Qu'est-ce qui se joue à la frontière entre espaces sociaux, mondes professionnels, jeux institutionnels ? Comment les spécialistes d'un espace d'activité traversent-ils les frontières sociales pour intervenir dans un autre, à quelles conditions, à quel prix ou avec quels bénéfices ? Qu'est-ce qui fait ou compromet la légitimité d'un artiste à s'engager en politique, et qu'est-ce qui rend à l'inverse acceptable la soumission des pratiques de création à des logiques politiques ou militantes ? Comment les agents d'une institution peuvent-ils mettre en jeu les limites de leur domaine d'activité, les subvertir, ou au contraire faire l'expérience de la solidité des clôtures sociales ?
    Comment s'articulent la matérialité des lignes de démarcation et leur réalité symbolique, dans les perceptions et les représentations des intéressés ?
    Ce livre prend ces interrogations à bras le corps. Il s'empare de la question classique des divisions des sociétés différenciées pour l'éclairer sous des jours nouveaux, sur la base d'enquêtes empiriques menées sur différents terrains. Les rapports entre logiques professionnelles, tout particulièrement au sein des mondes de l'art et de la culture, et les formes d'engagement civique ou politique sont au coeur de cette exploration. La compréhension de ce qui fait la complexité de nos sociétés en sort renforcée.

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